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LE SUPPLEANT ANIMAL COMMUN

Qu'est-ce qu'un suppléant? Que fait-il de ses journées? Que mange-t-il en hiver?

Le suppléant commun vit plusieurs étapes dans sa vie. Pour commencer, à la naissance, il est plein d'énergie, d'espoir et d'idées. Sa conception du futur est positive et il est tout frais sorti de l'université. Il est donc au maximum de sa forme et ses connaissances sont au goût du jour et toujours actives dans sa tête. Il peut enfin (gaffe du débutant) lâcher sa job chez Mcdo et préparer sa trousse de suppléance.

Puis, le suppléant grandit. Il débute la recherche de travail et fait face à un environnement hostile. En effet, il découvre maintenant que les autres suppléants nés en même temps que lui deviennent des prédateurs et qu'il est nécessaire de piler sur la tête des autres pour se trouver un nid d'adoption. Il rencontre les autres suppléants affamés, qui errent dans le désert depuis un bout. Attention suppléant, ceux là peuvent mordre... Tu comprendras plus tard. Le petit suppléant continue donc à explorer le milieu qu'il a choisi et tente de se faire connaître pour éventuellement se faire adopter.

Cet endroit d'adoption, normalement une seule école à la fois, pourra l'accueillir de plus en plus souvent, s'il est chanceux, et si son cellulaire est chargé le matin. Attention petit suppléant, toutes les catastrophes naturelles peuvent arriver, allant de: "j'ai pas eu le temps de répondre au téléphone j'étais à la toilette", "j'étais dans une autre école aujourd'hui (ce qui implique en plus, un sentiment de trahison voire d'adultère)" ou... "j'étais allé chercher du lait au dépanneur et j'ai oublié le cell". En cas d'une de ces catastrophes, le peu de sécurité que le petit suppléant avait a maintenant une faille, car un autre suppléant a pris place dans son environnement rassurant. Le petit suppléant doit se trouver un autre nid, car celui-ci est devenu commun à plusieurs et la prostitution s'impose pour le ravoir car il n'existe aucun recours pour savoir qui sera appelé en premier.

"Rincez et répétez au besoin."

À travers la recherche d'un environnement d'accueil, la vie du suppléant se résumé à : tourner dans sa cage en déclarant son chômage, regarder le téléphone en s'isolant de plus en plus (tout d'un coup que mon cell manque de batterie durant mes commission? Tout d'un coup que je suis appelé(e) pour l'après-midi? hiiii je bouge pas du divan... ). Le suppléant peut aussi travailler à temps partiel en compagnie d'étudiants de 18 à 24 ans en se demandant ce qu'il peut bien faire là. Cela implique cependant que le petit suppléant ait été assez brillant pour ne pas lâcher son travail à sa naissance. Car le petit supppléant aura de la misère à se trouver un travail à temps partiel et se fera répondre : "Désolé on n'engage que des étudiants". Durant l'été, le suppléant travaille s'il est chanceux avec des enfants ou bien il retourne chez son McDo de quartier en se disant qu'il aura assez d'heures pour le chômage cet hiver... Et la rentrée arrive... Et tourne la roue...

LE PETIT SUPPLEANT DEVRAIT-IL CONSIDERER LA MIGRATION?

La question se pose.

Les régions plus éloignées ET Montréal sont en manque de profs. D'un côté, par manque de personnel; de l'autre, parce que le milieu les détruits les uns après les autres.

Doit-on partir?

Une chose est certaine, en ce qui me concerne: il vaut mieux manger d'la marde en sachant qu'on en a pour un bout, que de partir là où il y a des postes rapides, avoir de l'argent, revenir ...
ET TOMBER DE NOTRE NUAGE.

Parce que méfiez-vous, nouveaux suppléants que vous êtes.

Les Commissions Scolaires ont pensé à tout. Elles veulent vous garder. Elles ne vous donnent pas vraiment le choix. Elles se tirent dans l'pied quant à moi. Elles vous attirent en vous offrant des postes (et c'est vrai que certains endroits en ont vraiment besoin, je sais, je sais)... Mais une fois que vous y avez travaillé, cette ancienneté ne fonctionne qu'à cet endroit (soulignez et surlignez : "à cet endroit"). Vous montez d'un échelon au niveau salarial, d'accord, mais vous n'avez jamais rien fait comme travail, en ce qui concerne toutes les autres Commissions Scolaires du Québec.

(ATTENTION: SI C'EST DIFFÉRENT PAR CHEZ VOUS, FAITES LE NOUS SAVOIR!! J'y crois pas fort mais qui sait, je lance le call...)

Ainsi, si j'ai besoin d'argent, je peux aller, disons, travailler à Montréal, disons en adaptation scolaire ou au secondaire. J'aurai un emploi probablement demain matin (il y a là un autre problème, dont vous pouvez témoigner et dont je parlerai certainement une autre fois). Mon point est: vous y allez, vous travaillez. Si vous n'avez jamais pensé vivre là-bas, vous avez fait le mauvais choix.

Parce qu'en fait: vous devez rester là où vous souhaitez FINIR VOS JOURS. C'est ainsi que le système est fait. Sinon, tout est à recommencer. Vous choisissez un endroit, restez-y. À chaque fois que vous changez de Commission Scolaire, vous redevenez le petit nouveau. Vous recommencez au bas de l'échelle. Vous recommencez la suppléance, peu importe que vous ayez travaillé durant cinq ans dans une autre Commission. La nouvelle, elle, elle s'en fout. Chez elle, vous êtes nouveaux. Allez à la fin de la file d'attente et allez porter des CV dans les dépanneurs, parce que c'est "Passez go et réclamez 200$" et arrangez-vous pour survivre en attendant l'ouverture de postes.

Mon conseil : si vous voulez faire de l'argent vite, vous pouvez aller dans les régions qui en demandent. Mais, méfiez-vous pour ne pas vous brûler dans un milieu qui vous détruirait et surtout PRÉVOYEZ votre retour dans la Commission Scolaire où vous voulez vraiment vieillir: économisez en prévision des années de merde qui vous attendent lorsque vous reviendrez là où vous souhaitiez vraiment bâtir de quoi.

Autrement, ne BOUGEZ PAS. Restez où vous êtes et évitez d'aider les autres Commissions. Faites des heures qui s'accumuleront à la bonne place et attendez votre tour dans la file, tout en vous prostituant comme des grands. N'allez surtout pas perdre votre temps ailleurs, c'est pas reconnu. Et ne dépannez pas non plus dans un autre domaine (ex: un prof du primaire qui remplace en adapt, ou un prof d'adapt primaire qui remplace en adapt au secondaire). Parce que les heures ne vous seront pas non plus reconnus si vous changez de champ. Restez dans votre branche, ne bougez plus, souriez. Après tout c'est comme ça que le système marche.
En guerre de clochers.

A-t-on le pouvoir de CHOISIR? De changer d’idée? NON.

ET LE GAZON "PAR CHE VOUS?" QUELLE EST SA COULEUR?

Non seulement le statut de suppléant nous isole et nous force à compétitionner, il nous empêche également de voir ce qui se fait ailleurs de façon objective. En effet, il ne faudrait surtout pas que la CS #1 aprenne que nous couchons aussi avec la CS#2 ! Horreur et scandale! Mais dans ce cas, comment savoir ce qui se fait ailleurs?

Le gazon par chez moi, yé pas mal jaune. Et j'en ai vu d'autres des gazons. Plusieurs même.

Est-il possible de créer un terrain habitable et accueillant pour les pissenlits que nous sommes?

Comment est structurée votre Commission Scolaire ? Pouvons-nous partager ce que nous vivons en nous exprimant sur les SYSTÈMES mis en place? Existe-t-il une Commission Scolaire (restons dans le gazon, j'ai l'âme botanique ce soir) qui soit des plus hospitalière pour les suppléants? Où devrions-nous tous déménager demain? Est-ce utopique? Est-ce le désert?

Voici les différents fonctionnements que je connais ou dont j'ai entendu parler.

Le gazon des directeurs:
Ici c'est la direction des écoles qui décide. C'est elle qui doit se faire chouchouter. Engrais: à donner avec parcimonie parce que nous les dérangeons à la journée longue. À manipuler avec soin et ne pas oublier qu'ils changent d'école eux aussi régulièrement. Alors la direction de l'école de vos rêves n'est peut-être pas dans celle-ci cette année. Méfiez-vous. Difficile à rejoindre et difficile à émouvoir. La direction, elle en a vu d'autres.

Le fonctionnement: Aléatoire ou familial. La direction appelle un ancien ou une ancienne stagiaire, quelqu'un qu'elle aime bien, le fils d'un enseignant, on s'en fout, c'est elle qui décide et c'est pas de nos affaires. Si vous n'êtes pas là elle va appeler quelqu'un d'autre et peut-être vous rappeler si elle vous aimait vraiment.

Le gazon des secrétaires:
Les secrétaires appellent. C'est un peu mieux parce que les secrétaires, c'est le premier contact et qu'elles sont toujours là lorsque vous entrez dans une école. En général, elles aiment bien jaser et elles apprécient les compliments bien placés. Par contre, il ne faut pas leur faire perdre leur temps et surtout ne pas les sous-estimer: j'ai toujours dit que si vous enlevez les secrétaires une seule journée, le système mondial s'effondre.

Le fonctionnement : Idem aux directions, sauf qu'il est plus facile de leur faire connaître sa personnalité car elles sont un peu plus disponibles. Cependant, elles appelleront quelqu'un d'autre si vous ne pouvez pas, tout comme les directions.

Le gazon des fausses listes:
Les fausses listes ont le côté fatidique qu'elles donnent l'impression aux suppléants d'être respectés, sans leur donner le pouvoir de savoir si elles les respectent vraiment. Dans ces systèmes, les commissions scolaires créent toutes sortes de règles (selon la durée, l'ancienneté, etc.) pour savoir qui sera appelé en premier.

Le fonctionnement: Un fonctionnement théorique et pratique. L'enseignant déclare son congé et son besoin de suppléance et quelqu'un à la Commission suit les règlements établis pour l'offrir à un suppléant. Petit bémol: j'ai entendu parler d'une certaine ligne qui permet au prof de "demander" quelqu'un en particulier... Absurde. Ce gazon est donc faussement vert. Appelons-le le gazon synthétique. Mettez vos culottes quelqu'un (moi je peux juste en parler tout bas, je ne suis qu'un pissenlit, jetable comme les autres).

Le gazon des stagiaires:
C'est un peu la plante du mois. Les enseignants l'aiment bien et l'ont accueillie un certain temps. Alors, lorsque la stagiaire de quatrième a terminée, il faut bien lui offrir les suppléances. C'est compréhensible. Je ne sais pas quoi penser, parce que je comprends l'intention, mais que faire des bons vieux pissenlits qui sont là depuis le début de l'année et qui se démènent pour ne pas être exterminés?

Je vous propose donc un exercice de réflexion:
1- Quels sont les systèmes mis en place dans votre coin?
2- Quels sont les failles?
3- Qu'est-ce que vous appréciez du système dans lequel vous êtes?

4- Comment pourrait fonctionner un système qui prendrait soin de nous, suppléants(es) que nous sommes?

Signez "anonyme" ou envoyez-moi un courriel et je ferai partager votre réalité. Exprimez-vous...

COMMENT RÉINVENTER LA SUPPLÉANCE APRÈS MINUIT ?

Je réinvente le monde ce soir. Vous souvenez-vous des cours d’Université lorsque l’on parlait du concept de «tempête d’idées » ? Et bien voilà le début d’un blizzard personnel. Ya pas de jugement dans ce que j’écris, je me lance et j’essaie de réinventer le monde. Alors, si ça fait pas votre affaire, envoyez-moi vos suggestions et on mélangera tout ça en tant que « vraie-tempête-hivernale-québécoise » dac?

Il y a certaines réalités qui me poussent à formuler certains constats. De ceux-ci, j’ai l’impression de pouvoir tirer une espèce de mixture qui pourrait amener à croire en des changements du système. Est-ce que je sais vers quoi cela va me mener en tant que réflexion? Pas plus que vous, mais voilà mes constats et ce que j’en déduis…

Constat numéro 1 : On est en 2009, ciboère.

Nous sommes tous inter-reliés. Ne faites pas semblant d’être plus saints que le pape, notre génération est, et a besoin d’être, connectée et peut très bien se contenter de nouilles blanches pour arriver à se payer une connexion Internet. L’autre contact important que nous avons tous (outre le téléphone) : notre sacro saint cellulaire, que je ne peux toujours pas croire avoir acheté (parenthèse personnelle), qui permet à toutes les écoles de nous rejoindre en tout temps et qui est, disons-le, indispensable. Cellulaire qui est, de plus en plus, doté de systèmes complexes ET rapides permettant de simplifier la vie de tous (textos, navigation et tout le tralala).

Constat numéro 2 : La compétition nous tue à p'tit feu.

Personne n’aime l’idée de la compétition que nous devons vivre. Personne n’a souhaité se prostituer lors du cours de choix de carrière et personne n’aime s’isoler en jouant le jeu de « C’est moi qui va être appelé(e) et pas toi ». La compétition nous détruit, détruit les liens que nous avions formés à l’Université et détruit les liens d’amitié que nous pourrions développer avec les nouveaux sortants.

Constat numéro 3 : La transparence... La transparence... La... quoi déjà?

Aucune transparence n’existe dans le milieu de la suppléance. Nous n’avons aucun moyen de savoir ce qui a été fait et si cela a été fait dans les règles (pour les Commissions Scolaires qui en ont). Personne ne peut nous dire si les téléphones ont été faits dans le respect de la logique et de la personne. Où vont les pots-de-vin ? Et surtout, combien ça coûte, parce que je cotise demain matin (et non je ne suis pas mieux que le Pape non plus).

Constat numéro 4 : Le respect... J'ai déjà entendu parler de ça il me semble... C'était pas nos profs qui nous en parlaient ?

Je connais pas personne qui se donnerait le droit de passer devant quelqu’un qui était là avant, si elle pouvait avoir l’assurance qu’avec le temps, elle aussi sera respectée par l’ancienneté qu’elle a accumulée… Pour ne pas dire la merde qu’elle a mangée.

...

Ainsi, je mélange le tout et je me demande… (Et c’est là que plusieurs têtes vont certainement valoir mieux qu’une.)

...

Pourrait-il exister un système qui nous permettrait de nous brancher (par le cellulaire ou l’ordi) à chaque matin ? Un système qui permettrait aux enseignants qui viennent de sauter le moteur de leur char (et dash ou de crever leurs os et dash ou qui sont en route pour amener le p’tit d’urgence à l’hôpital) de nous rejoindre?

Un système qui, de façon totalement impersonnelle et respectueuse, suivrait la LISTE d’ancienneté des SUPPLÉANTS. Pas dure à créer cette liste, on a toujours ben tous des numéros d’employés ! Lorsqu’un petit suppléant arrive, tout rose et tout frais, et qu’il a passé son entrevue et donné les papiers nécessaires : il a un numéro d’employé non? Et bien notre ordinateur, puisque nous vivons au vingt-et-unième siècle, pourrait offrir le travail grâce à un logiciel, à celui ou celle qui pleure (oups : attend) depuis le plus longtemps en premier. S'il ou elle est indisponible pour cette journée-là ou qu’il ou elle décide de cliquer « non » (par le biais de son cellulaire ou de son ordi), le petit logiciel-si-intelligent redirigerait l’offre à la personne suivante… Et au pire à la suivante… Mais, dans le respect de l’ancienneté existante. Et comme c’est un ordi, il pourrait compiler aisément qui a fait le plus d’heures et qui peut monter ou descendre dans la liste des « affectations du matin ».

J’ai pas de cours d’informatique. Je ne sais pas quels seraient les « bogues » possibles. Mais c’est pas si fou non ?

Du moins, je n’aurais pas la frustration de croire que les préférences des uns peuvent faire passer quelqu’un qui vient de finir son cours avant quelqu’un qui se démène fidèlement depuis des années. Si c’était informatique, je pourrais regarder les autres enseignants qui sont sortis en même temps que moi dans les yeux, sans me demander s’ils sont vraiment des collègues ou s’ils sont des rivaux. On nous parle de travail d’équipe sans cesse non? Me semble que ça aiderait à bien partir les choses… Laisser le libre-choix aux écoles, aux directions, aux secrétaires, aux enseignants (etc.), c’est ouvrir la porte à la manipulation, à la corruption et à tout ce que les gens peuvent faire pour passer devant les autres.

Laissez donc les ordis décider, c’est parfois mieux qu’un humain.

Vous en pensez quoi ? Suis-je en train de fabuler ? Parce que je trouve pas ça stupide du tout comme idée ce soir…

La santé en 2010... Ou des assurances?

Que dire de plus... Que souhaiter de plus en cette année d'imprévus....

La santé... La santé... La santé

Certains peuvent se demander pourquoi je ne souhaite pas du travail, de la chance, ou des contacts (sarcasme). En fait, je vous souhaite la santé parce qu'il y a une chose qui nous menace, nous petits sans-emplois que nous sommes, et cette chose s'appelle "la maladie".

Saviez-vous que lorsque vous aurez votre premier contrat vous rencontrerez pour la première fois un petit document complexe du nom de "Police d'assurance"? Ah! Cette chère SSQ qui nous approche, toute pimpante d'énergie et toute prête à exciter le nouvel assuré à l'aide de ses atouts gigantesques!

Vous agirez probablement comme tout le monde. On s'assure et on paie. Pas d'examen médical et assurance à vie déjà acceptée (Yé !! Pour toute personne ayant un dossier médical…Mais c’est le bonheur sur un plateau d’argent!!). Vous découvrirez la satisfaction mentale de savoir que vous possédez une assurance à vie et vous profiterez de cette vie en sachant qu'en cas de tour de rein, le chiro sera remboursé! (Parce qu'on prend maladie 3, c'est plus rentable). Et voilà, vous commencez à mieux aller et vous travaillez à temps plein (parce que vous avez un contrat) et vous sauvez sur le psy (parce que vous avez un contrat) et votre sex-appeal fait des ravages (parce que vous avez un contrat) et votre dos ne vous fait plus souffrir (parce que vous avez des assurances parce que vous avez un contrat). Bravo. Billet de loterie gagnant. On part la p’tite musique de la machine.

Ok… Le problème est le suivant. Vous serez assurez et pourrez cotiser à votre assurance-vie et à votre assurance-emploi
à la condition de rester à l’emploi de la commission scolaire pour un certain temps. Ne me demandez pas les chiffres exacts, je ne les ai pas. Je crois que c’est un an. Alors allons-y avec un an.

Un an plus tard, vous avez terminé votre contrat mais n’avez pas gagné à la loterie cette fois-ci. Trop tard. Vous n’avez plus d’assurance. Désolé, game over. On se réinscrit à l’assurance maladie du Québec en se demandant pourquoi on a pris la peine de cotiser à une assurance-vie qui tombe à l’eau si on ne travaille pas.

POURQUOI? POURQUOI ? JE VOUS LE DEMANDE, POURQUOI…

Ne peut-on garder nos assurances même si on perd à la loterie? Pourquoi avoir payé durant un certain temps si on se fait couper l’herbe sous le pied.? Pourquoi je perdrais mes assurances et ne pourrais plus participer à la SSQ si de toutes façons c’est elle qui a le pouvoir dans toutes les commissions scolaires? Pourquoi je devrais perdre mon investissement parce que la nièce de ma directrice vient d’être diplômée et qu’elle a eu le contrat à ma place? Est-ce dire que nous ne sommes rien pour les assurances.? Ne sommes-nous pas de futurs enseignants? Avec un potentiel d’achat qui devrait arriver un jour? Et si on a les moyens ou si on trouve les moyens de se payer une assurance en travaillant chez Mcdo, devrait-on avoir le droit de cotiser et de garder les avantages contractés lors de notre premier abonnement à la SSQ? Est-ce qu’on est en train de faire rire de nous?

Parce que gang d’imbéciles naïfs que nous sommes, nous nous inscrivons à ce régime lorsqu’il est proposé… Sans savoir qu’il est loin d’être permanent. C’est plutôt une grosse blague. Alors ce soir, c’est ce que je crie haut et fort… Nous n’avons pas le droit d’être malades lorsque nous sommes suppléants. Attention gang, vous n’avez pas d’assurance et si vous en avez, ce n’est pas pour longtemps… Parce que pour eux, nous sommes jetables et totalement réutilisables.

La dépression vous guette? Comment éviter... ou tenter de...

Pas si évident.

Les catalyseurs....

Vivre sans contrôle. Et là pas besoin d'être un contrôle freak de nature. C'est de ne pas savoir vers quoi on se dirige qui est dur.

Être seul(e).
Bon tout dépend de votre cercle d'amis, de la proximité de votre entourage familial et de la présence ou pas d'un(e) conjoint(e). Le manque d'un réseau social peut être frappant lorsqu'on n'a pas d'ancrage dans un milieu de travail. Donc la situation peut varier. Mais prenez bien soin de vos vieux amis parce que c'est dur de devenir "ami" avec des collègues qu'on voit seulement si la secrétaire a choisi de vous appeler. Et ce qui ne varie pas c'est le fait que nous sommes tous à la maison entre 8 et 15h, du lundi au vendredi. Et peu importe le nombre d'animaux dans votre maison, ça s'appelle être seul(e) / quarante heures semaine. À moins que votre conjoint(e) soit aussi à la maison durant ces heures… Mais ouch, pas sûr sûr que c'est mieux à deux!

Ne pas savoir.
Vous avez l'impression que les autres, eux, travaillent. Mais vous savez plus trop. La fille qui était stagiaire l'an passé a déjà un contrat? Pourquoi? Hein? Qui ? POURQUOI? Ne pas savoir si vous avez fait le bon choix en acceptant une période à tous les vendredis matins pour les deux prochains mois... Ne pas savoir si vous avez pigé la bonne commission scolaire et si tout n'irait pas plus vite dans la commission scolaire de la ville voisine...

Mettre ses rêves en mode "attente" .
Pas évident de faire le fameux voyage en Europe que vous planifiez depuis des années avec votre meilleur(e) ami(e) (qui, en passant, a fait un DEP lorsque vous entriez dans un pré-universitaire au cégep et qui vit tout bonnement avec le salaire et les avantages de la construction depuis maintenant 7 ans...). Pas évident de planifier une grossesse sans avoir de sécurité. Pas évident de convaincre la banque de vous endosser pour acheter une maison parce que c'est pas possible de prouver que vous avez travaillé deux ans à temps plein. Ah oui… Vous étiez "employé" dans une commission scolaire... Votre salaire ? Euh... « Ah oui, je travaille à 160$ par jour! » Y se font pas berner. En espérant que vos parents ou vos conjoints ont les reins solides. Et que votre crédit n'a pas trop souffert des dernières années.

Alors, comment éviter la dépression?

Je ne ferai pas semblant d'avoir une recette parfaire parce que je me qualifie de dépressif en ce moment même. Disons un jour sur deux. Les conseils suivants sont donc, soit des conseils que j'ai suivis et qui empêchent mon foie de s'autodétruire en ce moment, ou bien ce sont des conseils que je devrais suivre ou que j'aurais dû suivre.

Évitez la culpabilité et les remords. Pour commencer, je vous interdit formellement totalement et de tout mon coeur de vous sentir coupable d'être sur le chômage. Vous faites votre putain de possible pour devenir des enseignants et pour ce faire vous allez être au chômage de façon régulière pour les prochaines années. Vous cotisez depuis vos 16 ans pour l'assurance-emploi et vous cotiserez le restant de votre vie. Là vous en bénéficiez et cela ne diminue pas votre valeur. Alors pas de culpabilité. Personnellement j'accuse les universités qui se bornent à former des profs en sachant qu'ils ne travailleront pas. C'est eux les coupables et ils sont bons menteurs. Demandez à quiconque si un prof travaille, il va vous dire: "Ben voyons, y disent partout qu'ils manquent de profs". Le mensonge du siècle mesdames et messieurs. Qui coûte cher au chômage.

Je vais continuer avec la procrastination. Cette épée de Damoclès est terriblement vicieuse dans la vie d'une personne à la maison. Pourquoi faire le ménage si on a toute la journée pour le faire et toute la journée de demain et puis toute la fin de semaine ? Pourquoi faire son lavage si on est pas obligé d'être bien habillés ? Tant qu'on a un kit de prêt au cas où le téléphone sonne… Si vous vivez à deux c'est déjà moins dur. Mais si vous vivez seul, le mieux est de s'organiser pour avoir de la visite régulièrement, question de forcer son orgueil et d'avoir pas le choix de s'occuper de ce qui nous entoure. Un objectif par semaine et un objectif par jour.

Avoir des visions à long terme et ne pas en parler comme "impossible". Ne dites pas : « je ne pourrai jamais », mais « quand cela arrivera, je vais… ». GARDEZ vos rêves actifs pitié.
Essayez de garder un lien avec votre clientèle. Prof de secondaire: essayez de travailler dans une maison des jeunes le samedi, dans un camps de vacances ou un Patro; trouvez-vous un emploi dans une boutique de sport… Prof de primaire : travaillez dans une boutique de vêtements pour enfants, faites du bénévolat le samedi à l'hôpital pour enfants le plus proche; coachez une équipe sportive ou d'improvisation... Donnez des cours d'aide aux devoirs ou volez les enfants de vos cousins et cousines pour la fin de semaine. Nourrissez votre flamme. Enseignez dans un centre de loisir, enseignez à des adultes la photographie, donnez des séminaires sur la conscience phonologique pour les programmes de nouveaux parents au CLSC. N'importe quoi qui vous gardera en contact avec les gens pour lesquels vous vous êtes tapé quatre ans d'université. Et n'importe quoi qui aide votre don d'enseignant à s'exprimer. Vous êtes doués, c'est pas pour ça que vous travaillez pas. Gardez ce don en vie.

Gardez contact avec d'autres suppléants. D'accord vous êtes en compétition et y’a un malaise certain lorsque vous voulez vous plaindre de pas avoir été appelé et que l'autre avoue avoir fait cette suppléance à votre place. Donc, disons: gardez contact avec d'autres suppléants avec qui vous êtes très proches et au mieux, gardez contact avec des suppléants qui ne sont pas dans la même commission scolaire que vous. Comme ça c'est plus facile de se plaindre et y’a pas de jalousie pernicieuse qui peut s'installer.

Ayez un emploi à temps partiel qui vous permet d'avoir un réseau social agréable. Évitez de travailler à la maison. Évitez les emplois où vous passez la majorité du temps seuls. Ya déjà assez du quarante heures/semaine. Cet emploi sera votre milieu de travail principal pour plusieurs années. Alors gardez l'oeil ouvert pour trouver le meilleur emploi à temps partiel possible.
Inscrivez-vous à des cours. Faites cet investissement qui va vous permettre de sortir de chez vous de façon obligatoire au moins une fois par semaine et qui va vous permette de rencontrer des gens. Demandez-le en cadeau de Noël ou en cadeau de fête au pire. Mais pas des cours dans la journée ! N’ALLEZ PAS passer la journée avec des madames et des monsieurs qui sont en arrêt de travail ou à la maison et qui vont être aussi déprimés que vous. Là, je parle de loisirs qui intéressent le monde de votre âge, qui eux vont vous parler de choses positives. Donc: Tout ce qui s'appelle « sport » tant que c'est pas trop individuel (on oublie la natation qui fait que vous tournez vos problèmes dans votre tête en nageant... À moins d'y aller à deux, mais bon). Tout ce qui vous passionne et que vous n'avez jamais eu le temps de faire. Go pour le cours de photo, de peinture à l'aquarelle (de soir pitié), de randonnée en forêt, de plongée sous-marine (à deux)...
Bon, y'en a qui vont me dire que tant qu'à pas travailler, aussi bien retourner aux études... Oui ça remonte le moral d'apprendre, de rencontrer des gens presque de notre âge et en plus, ça nous garde un pied dans notre passion....

Ok, contredisez-moi (en fait j'aimerais vraiment qu'on me contredise avec des faits... SVP…) mais j'ai ben gros d'la misère à croire que je vais être plus engagé si j'ai une maîtrise. VOÈRE si les commissions scolaire vont avoir le goût de me payer plus cher! J'ai rencontré deux personnes à date qui soupçonnent fortement leur maîtrise d'être la raison de leur inactivité (bien sûr on n'a pas de preuve, on est précaires...).

Donc: un retour aux études seulement si ça n'augmente pas votre salaire... Hé oui, c'est ça qui est ça. Mais inscrivez-vous à des choses qui COMPLÈTENT votre diplôme, sans le majorer. Alors, allez chercher un certificat en théâtre, en arts, un cours de langage des signes.... Allez faire un DEC en garderie (de soir) pour avoir votre garderie durant l'été. Faites un DEP au pire! Mais si vous faites une maîtrise, gardez-vous un cours non terminé pour éviter de la finir avant d'être engagé(e) officiellement et ne le dites pas.

Bon et ensuite, ya la fameuse télé, les livres, les ordinateurs et tout et tout qui aident à faire passer la journée. L'important c'est que les heures continuent à avancer le plus vite possible pour que cette période de votre vie soit derrière vous le plus vite possible. Alors pour avoir des heures agréables, voici quelques suggestions et faites attention aux blessures de divan (je suis très très sérieux), le physio et le chiro, ça coûte cher.

Pour l’ordinateur : trouvez des sites de discussion sur des sujets qui vous passionnent et chattez avec des gens QUE VOUS NE CONNAISSEZ PAS et qui ne vous demanderont pas en premier lieu (et à chaque rencontre) : « et puis, as-tu travaillé cette semaine? » Entendre cette question de vos proches durant des années est un élément dépressif assez intense, même si l’intention est bonne. Alors : une page Facebook sur un sujet qui vous intéresse, un blogue sur internet où vous pouvez donner des conseils, un site web qui demande votre participation sur un sujet pour lequel vous êtes doués ou un blogue qui peut répondre à vos questions sur quelque chose que vous aimeriez apprendre…

***Attention toutefois à Facebook pour son potentiel de déprime TRÈS élevé puisque le principe est d’y mettre que le meilleur de sa vie. Alors n’ayez pas peur d’écrire : « Fermé pour une semaine » dans votre statut lorsque la face du bébé de l’autre vous rend un peu trop triste… ***

Séries télé: C'est le temps de perfectionner votre anglais, allez-y donc avec les vraies versions en ajoutant le Closed Caption (CC ou audio sur la télécommande de votre télé), comme c'est plus dur à suivre, votre cerveau peut pas tant dériver durant l'écoute!

Pour vous occuper durant quelques années:
Tous les CSI, Lost, Grey's Anatomy, Prison Break, 24, Desperated housewives, Dexter... Y’a aussi A&E qui passe en rafale des 4-5h de séries comme CSI Miami, Criminal Minds et les Soprano. Ça peut vous étourdir assez facilement durant un épisode dépressif (et c'est moins cher que du vin).

The Big Bang Theory est ma découverte de l'année! Pour ceux qui connaissent le côté parfois très drôle du syndrôme d'Asperger, vous allez aimer! Et pour le petit côté Geek qui sommeille en nous…

Les séries québécoises: Minuit le soir, Grande Ourse, les Bougons, Omerta, La p'tite vie, Temps dur, la Galère (et les gars que j'en voie pas un dire que c'est une série de filles, anyway vous allez travailler dans un monde de fille FAQUE) et les séries gratuites au 900 qui dépannent beaucoup (Taxi 22, Fortier, les shows d'humour, Peut contenir des Rachid, etc.). On dirait une annonce de Vidéotron, désolé pour la plogue mais bon !

Et pour les amateurs de films y'a bien sûr les sites payants qui en passent à la journée longue, mais étrangement je préfère les séries qui font vivre plus d'émotions, plus longtemps. C'est libérateur une série télé parce que ça permet de vivre des émotions que notre situation socio-économique-poche ne nous permet pas de vivre en ce moment.

Et les livres: ah ! Je suis un peu dépassé en lecture ces temps-ci. Je relis mes vieux classiques qui me font revivre beaucoup d’émotions comme toujours, mais pas de coups de coeur récents de mon côté... Donnez-moi des suggestions! Et des suggestions de séries télé aussi !